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diary of the dead - en revenant

juin 25, 2008 · Pas de commentaire

j’en sors comme si on m’avait envoyée une balle dans la tête ( il y a une entière panoplie de crânes qui explosent sur l’écran) . comme si j’étais une de ces “mordus” qui peuplent le film, je me dirige vers l’internet pour poster ça. un grand besoin de penser au bien, de penser aux gens généreux et merveilleux qui existent dans ce monde. pour me laver de cette marée de mal. car l’homme de romero est horrible, et, encore pire, il est incorrigible. il regarde le mal par fascination non pour porter secours. haneke l’avait déjà montré dans son “funny games”.

l’horreur se transforme perversement en quotidien, l’affreux devient banal. c’est l’œil qui parvient à être un instrument de crime…

sans considérer que le “fahrenheit 9/11″ de michael moore mérite la palme d’or, je peux être d’accord que les américains sont “dérangés mentalement” depuis l’instauration de l’administration bush. je ne parle pas en me basant sur des rumeurs. je les ai vus. je les vois, tous les jours, à l’hôtel. ils sont paranoïaques, psychotiques, malades. ils en souffrent et c’est visible. et c’est ironique (et pas du tout amusant) de les voir presque dans le même cas que les russes (leurs anciens “amis”): terrorisés par les magouilles d’un état qui profite à fond les poches d’une ambiance quotidienne de terreur. un autre contexte, un autre temps, le même effet . ils ne perdent pas forcément leur vie comme les russes, “suicidés” par un état totalitaire mais ils deviennent des “cas” : ils me demandent des salles de bain avec cabine de douche, pas de baignoire, pour en sortir au plus vite, au cas où… ils paniquent lorsque les cloches sonnent pour annoncer l’heure exacte . ils me demandent s’ ils sont en sécurité, si c’est ok de faire un tour en ville…c’est de la compassion qu’ils réveillent en moi ! ces “petits-enfants” des gens les plus braves, des gens qui ont eu le courage d’affronter des océans, de tout quitter pour tout recommencer… ils sont devenus pitoyables.

romero s’attaque, dans ce cinquième opus de sa série avec des zombies, aux médias et à l’internet, à la prolifération épidémique de l’agressivité online. le personnage principal est accro de la caméra en tant qu’instrument de “vérité”. il y croit d’une manière extrême, totale. il est ce cameraman qu’on accuse souvent de filmer sans intervenir, de témoigner sans aider. lorsqu’il sait qu’il va mourir, il demande à sa copine de le filmer en le tuant, ou l’inverse (”shoot me!”, malheureusement la traduction française ne passe pas, le verbe shoot signifie à la fois tuer et filmer).

on est content de sortir du film: ce n’est que de la fiction! ouf! mais dehors, dans le parc près du cinéma, des touristes photographient à l’excès, avec leur portables froids, la statue de jan fabre, celle de l’homme qui pleure sur sa chemise en or.

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sou(s)rire

mai 12, 2008 · Pas de commentaire

parfois on se réveille avec un mot en tête. pour moi, ce matin, ça a été sourire. je ne sais pas pourquoi, je ne crois pas en avoir rêvé. peut-être m’attendait-il depuis longtemps pour réparer l’injustice qu’il subissait.

le sourire ne se place pas en dessous du rire. il n’est pas un ersatz, une copie pas réussie, un produit de remplacement. il s’agit de deux catégories parfaitement distinctes. l’adverbe n’est pas un sous-verbe et l’oiseau n’est point un sous-mammifère. le rire est païen, convulsif, éminemment social, dionysiaque. le rire ressemble à l’effet d’une drogue, il est exclusiviste pour avoir la qualité de nous faire oublier tout le reste, il a une force centripète et il fait du bruit…à l’opposé, le sourire est suave, délicat, complice. il naît facilement en solitude. il n’est pas souvent frontal et agit en silence. en fait les deux n’ont presque rien en commun.

en souriant je me suis aperçue que chaque mot a été écrit par quelqu’un. et que celui qui a écrit sourire n’a pas été assez inspiré, c’est tout. les écrivains de mots peuvent être timides ou extravagants, réalistes ou romantiques, bons ou pas..

en roumain nous avons emprunté la même erreur. mais il existe aussi le mot zîmbet (dont j’ignore l’origine, et que je préfère donc pour l’instant). et je me demande aussi pourquoi nous n’écrivons plus de mots. ce n’est pas comme si nous avions tout nommé. pourquoi nous ne pétrissons plus la pâte des lettres pour en sortir des mots vierges? est-ce de la timidité? de la gêne?

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à tous ceux qui…

avril 20, 2008 · 5 commentaires

à tous ceux qui se reveillent le matin en pensant que leur vie ne vaut pas deux balles, que l’univers se moque d’eux, que leur existence n’apporte pas plus au monde que ce qu’une banane puisse apporter à un comateux et que leur disparition ne serait pas plus visible qu’une goutte de salive d’un lézard ensoleillé, je veux dire ceci: vous vous trompez abyssalement!

le monde entier est là pour vous. bon, essayons de reformuler la phrase pour qu’elle sonne moins américaine styleréuniondesdependantsdamphetamine. tout ce que vous voyez tout autour lorsque vous vous reveillez le matin et qu’il y a juste un peu trop de nuages et le café est juste un peu pas- assez- doux et les yeux légérement trop lourds… sachez que l’univers est là exclussivement pour vous. je le sais. je ne me trompe pas. et ne vous trompe pas. tout ce qui (t’) arrive, jour après jour, est du à ta présence dans le monde. prenons des exemples, c’est toujours plus facile: si sarko annule sa viste à Villeneuve-les-Avignon, il fait cela pour toi! si dans la rue que tu regardes pendant que tu prends ton petit déj passent des gens intéressants ou pas, trapus ou pas, de bonne humeur ou moroses, si les jeux olympiques sont boycottés, tout cela se passe grace à toi! le monde, avec tout ce qu’il contient en ce moment précis, existe seulement parce que toi t’existes. et le monde est là pour que t’apprennes à exister vraiment.  l’univers existe exclusivement pour voir comment toi tu vas réagir!  il n’est là ni pour le pape, ni pour le voisin qui a l’air plus heureux, ni pour ton frère qui a déjà une famille et des enfants et tout tourne si rond…mais pour toi. l’univers te regarde avec l’attention du parent qui regarde son enfant jouer, chaque fraction de seconde apres l’autre, chaque pas, chaque fois que tu te grattes le nez, ou le bras… parfois il te met à l’epreuve, parfois il se contente d’observer ton sourire, parfois il te fait des clins d’oeil, que tu vois ou que t’ignores…mais il est toujourspour toi.

Sachez donc que vous êtes regardé(e)s! : )

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lézarder

avril 14, 2008 · Pas de commentaire

un lézard s’est installé à coté de moi et il me regarde fixement. j’ai l’impression qu’il me fait part d’une inquiétude envers quelque chose qui nous dépasse, tous  les deux .

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mémoires sur mesure

avril 14, 2008 · Pas de commentaire

la façon dont mon père me fait le lit de procuste: je ne dois être ni plus courte ni plus longue que ses souvenirs. sa conversation me force à enfiler les trop étroits habits de l’enfance.

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eurolines

avril 14, 2008 · Pas de commentaire

cette étrange complicité entre les trois chauffeurs, cette trinité qui reste la même, dans son essence, à chaque voyage : le vieux, qui est censé avoir tout vu- tout connu (le père), le baraqué, qui détient les rênes du pouvoir -sur nous, pauvres voyageurs mortels inclus-(le fils) et le dernier, qui a un zeste de cervelle et qui essaie de faire le médiateur entre tout le monde(le saint esprit)

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à contre coeur

avril 14, 2008 · Pas de commentaire

sur le pavé, devant le palais des papes, un enfant tire après lui une peluche. jamais un chien n’a eu moins envie de promenade.

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ce m-a invatat franta

novembre 3, 2007 · Pas de commentaire

veritabila naturalete in fata unui negru. ma consider un om deschis la minte si totusi aveam fata de cei care au pielea mai inchisa decit a mea un fals liberalism. “deschiderea” mea era una artificiala, minata cu biciul din spate de catre constiinta, ca o vita. vazindu-i in jurul meu in fiecare zi, vorbindu-le, remarcind materialismul unuia, disretia altuia, umorul de proasta calitate a unui al treilea… am inteles intr-o buna zi, fara sa constientizez procesul, ca chiar nu e nici o diferenta. nu mai exista in mine nici urma de mindrie idioata (si bine camuflata )ca as fi un om de calitate superioara pentru ca stau la coada linga un negru si nu ii arunc doua priviri in loc de una singura. linga mine se afla doar un alt necunoscut.

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scene

novembre 3, 2007 · Pas de commentaire

astazi am facut dragoste cu un baiat de patru ani. ma aflam in cafeneaua mea preferata din avignon, dupa vreo trei zile de singuratate lucie. timp de trei ani am invatat sa imi pierd armele in fata acestei “boli” si nu mai stiam cum te tratezi cind taci ora dupa ora dupa ora pentru ca nu e nici o fata in fata ta. ma simteam deci oarecum pustiita cind ochii mei i-au intilnit pe ai lui. erau moi si umezi de bunatate. erau deschisi. ma privea cu cea mai mare atentie. parea ca asteapta. si chiar astepta. ma astepta pe mine. mai precis astepta momentul. voia sa imi zimbeasca dar simtea ca nu sint pregatita inca. asa ca nu facea decit sa schiteze, sa insinueze o intindere a trasaturilor spre zimbet. mi-au trebuit citeva secunde ca sa fiu pregatita, citeva secunde pentru a sterge in mine gustul orelor dilatate, cu gust de metal. si apoi trei, doi , unu.. buzele mele au inceput sa se retraga si, atunci si numai atunci, ale lui impreuna cu ale mele. nu mi-a oferit un zimbet si nici nu mi-a reclamat unul. am zimbit simplu si pur impreuna, purtati in exact acelasi moment de o unda de fericire. sper sa nu uite mai tirziu cum se face.

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lui

juillet 11, 2007 · Pas de commentaire

mon grand père mouche son nez entre les doigts. le pouce et l’index font bien l’affaire. il pousse fort, d’un seul coup, puis il secoue la main. tantôt c’est la gauche, tantôt la droite, il est à l’aise avec les deux. l’hiver il y a toujours une petite goutte transparente qui pend au bout de son nez . elle ne tombe jamais. tout le monde s’y attend mais elle reste bien à sa place, comme pour nous défier.

on n’a jamais pu le convaincre de renoncer à la mauvaise habitude d’aller dehors pour pisser, pendant la nuit . même en hiver il sort en pyjama dans l’air glacé du coeur de la nuit . il tourne la clé lentement dans la serrure. il vole cet instant de bonheur. pisser sous les étoiles, en sachant qu’il commet l’interdit. le pyjama blanc flotte sur son corps, effroyablement mince.

pour mon grand-père manger c’est manger de la viande. chaque fois que je le vois il me demande si je mange bien là ou je suis, à l’endroit où ma vie en bazar me trouve en cet instant et qu’il ignore la plupart du temps complétement. je lui réponds, à chaque fois, que oui et il insiste invariablement à savoir si je mange aussi de la viande. je lui réponds que oui. alors seulement il se calme.

lorsque je le serre dans mes bras il reste raide, pudique envers tant de tendresse, sans en avoir l’habitude. lorsque j’essaie de lui faire un massage aux épaules, ceux-ci refusent aussi de se détendre.

il s’est marié jeune. les gens les avaient vus, lui et ma grand-mère, seuls, sur les champs de blé. ils sont venus en roumanie il y a 70 ans, de l’ex yugoslavie, pour chercher de la bonne terre. est-ce qu’ils l’ont trouvée?

il aime boire. il aime manger. il aime rigoler et faire des blagues. il aime surtout taquiner ma grand-mère. parfois même lui dire des injures. ils se détestent. juste un peu. parfois plus. surtout elle. ou bien chez elle c’est plus évident. lorsqu’on tue le cochon il y a des gens qui viennent à la maison pour aider. ils brûlent la peau du cochon avec une flamme électrogéne. très technique. très précis. le cochon est dur, sans expression aucune sur le visage. une statue en cire. la peau devient noire. très artistique. les gens qui sont venus aider parlent fort. surtout les hommes. les femmes travaillent plus et parlent moins. les hommes boivent. après ils parlent encore plus fort. mon grand-père aimerait tenir le rythme avec les jeunes. les jeunes ricanent derrière lui. il ne le sait pas. il les admirent. parce qu’eux ils sont plus jeunes. parce qu’eux ils peuvent boire beaucoup. parce qu’il est timide. il fuit les gens en les cherchant désespérément.

il aime les chevaux. et les vélos. il a une relation sensuelle avec les vélos. il touche leur selles délicatement comme s’il était absorbé par une question très complexe. il aime récuperer des objets jetés par d’autres. il y en a plein les tiroirs: des lunettes de vue, de soleil, de toutes les formes, des bouts de ceintures, des montres cassées…ma grande-mère n’est pas d’accord.

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