Accélérer encore, jusqu’à se sentir entièrement enveloppée, enivrée de chaque nuance des embruns parfumés
1 avr
ça y est, c’est le printemps
je le sais parce que le tzigane au violon est venu s’installer au coin de la rue et scie son instrument pour y faire ressortir le même petit morceau, en boucle, du matin jusqu’au soir. yaaaay!
1 avr
vision
devant le triptyque en plastique carton(marron)-verre(vert)-piles usagées(noir) se trouve l’ancienne voisine. oui, elle, l’antiquaire! le bruit des bouteilles qui s’écrasent martèle mes oreilles. il y rien à faire, les antiquaires font le tri comme tous les autres. ces gens qui pourraient vendre mère père cousin cousine… sont, en fait, des gens remplis de civisme. j’aimerais bien mener une étude, je crois que les criminels font, eux aussi, le tri selectif des déchets.
25 mar
la vérité nue claire
je crois de plus en plus que l’homme va droit à sa perte. et je dis bien “l’homme”. et, dans cette chute irresponsable et idiote, il va entrainer la femme.
19 mar
obloane
Obloanele sint din lemn, taiate nobil, nu chiar in acord cu casa. Albe, extrem de netede, vopseaua impecabila. Obloane. De unde vine cuvintul asta ? Dex-ul spune « origine necunoscuta » . Imi place. Origine necunoscuta.
Ma trezeam in aceasta casa asa cum primul om trebuie sa se fi trezit in intia sa zi. Totul era de facut si orice putea fi facut. Fara limite. Nu stiu citi oameni au cunoscut asta, o copilarie fara un adult in spate. O stare de gratie, zi dupa zi, secunda dupa secunda, seara dupa seara.
Totul incepe de aici ? De la obloane ? De unde incepe o viata ? In jurul carei idei, imagini, al carui sentiment, graviteaza diminetile, prinzurile, intilnirile, vacantele, eroticul, prieteniile, cafelele, sanvisurile unui om ? Poate ca, pentru altii, nu e doar un centru. La mine e unul singur. O casa. Peste care lumina devine lichida.
Soare, o caldura in care nu poti pune gind peste gind, caldura purificatoare, anihilanta. Devii caldura si atit. Si e bine. E bine cind sintem doar o parte din tot : un ansamblu de muschi cind fugim, un sin cind e sarutat, un stomac cind ne e foame cu adevarat. Partea si intregul.
Eram doar eu si frate-meu, doi copii intr-un paradis fara pata. Nu inteleg literatura gen « Imparatul mustelor ». Copilul intrinsec malefic… Ne-am udat din cap pina in picioare cu suc de ziua mea, sau a lui, iarna ajungeam acasa uzi de la hocheiul de pe balta (ce fericire sa dai toate hainele jos si sa te usuci la focul cuptorului imens, din lut), ne-am aratat partile rusinoase si ne-am minunat ca nu erau asemenea dar niciodata nu am facut ceva de care, peste ani, sa imi fie rusine. Nu am avut apucaturi de cruzime si nu l-am vazut pe fratele meu agresiv cu alti copii. Ne ciondaneam, ne paruiam dar ne impacam. De fiecare data. Si jocul reincepea. Daca e posibil sa nu il vad pe frate-meu un an intreg, si apoi sa ne vedem de parca ne-am fi despartit ieri, e pentru ca am trait acel timp impreuna. Acel timp poate inlocui totul, moneda forte de schimb. Fara explicatii, justificari, probe.
In spatele obloanelor mustele de vara teseau racoare. Diferenta intre inauntru si afara era agresiva si neasteptata. Nu reusesc sa regasesc astazi, cu toata tehnologia, acea prospetime infrigurata, acel aer spintecat intre canicula si frig, de o simpla usa din lemn. Cind intrai erai orb. Cind ieseai erai orb. Obloane din carne, mai putin practice..
27 nov
la possibilité d’une bile
dans le sillage du dernier goncourt je m’achète “la possibilité d’une île”. j’aurais mieux fait de me prendre un menu big mac pour le même prix, j’aurais eu moins envie de vomir à découvrir un personnage dégueulasse, qui ne tient même pas debout. et, en plus, sans recette originale.
18 nov
croisée
de gauche à droite, sur l’écran de mon énorme vitre, passe un jeune homme noir. si noir qu’il vire au bleu, comme on dit. d’une beauté qui te coupe le souffle. je n’arrive pas a m’habituer à ces traits sculpturaux qui font ressortir mon coté “public passif-idiot”. je ne peux que les regarder en me disant qu’ils sont juste parfaits: les lignes de leurs visages voyagent et s’envolent, sont délicates et complexes, l’harmonie sans faute n’oublie pas pour autant l’expression, la vie.
pas de chance, dans la seconde qui suit, un homme blanc passe, de droite à gauche. sa peau tombe, son nez tombe, tout tombe…
14 nov
changement de domicile
demain je déménage
là où les heures ne brûlent pas comme le goudron
la gorge d’un non-tatar,
où on peut insérer des pauses publicitaires
entre les secondes.
là d’où je puis me regarder
sans loucher.
j’aurai l’âme convenablement placée
ni trop haut ni trop loin
des côtes
les manches retroussées
je ferai les poches de mes fantômes
13 nov
patchwork du 13 novembre
Le brouillard coule sans bruit
sur la vitre.
La vigne saigne paisiblement…
et puis il y a toi, criminelle, c’est ton sourire du matin qui réchauffe la planète!
Les oiseaux, bouleversés, chantent
le soleil qui balaye
furtivement chaises et tables et, élitiste,
caresse seulement le haut des immeubles
comme si l’air de l’hiver lui répugnait.
17 sept
goutte à goutte
aujourd’hui j’ai vu un homme dont le front transpirait en goutte continue, comme un robinet mal fermé. ses jambes touillaient sur le vélo de salle et ses tempes ruisselaient sur la serviette placée en dessous de ses yeux fermés. cette énorme dépense était entretenue par des gorgées d’eau sporadiques prises d’une bouteille en plastique. le circuit était complet.
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